n°179
Aἰλιανὸς Ποπλᾶς
Transcription : Aelianus Poplas
Présentation : Aelianus Poplas est l'un des personnages les plus éminents de la cité de Milet au tournant des IIe et IIIe siècles. Il a exercé toutes les magistratures et liturgies importantes de la cité et, au-delà de ces fonctions classiques parmi les notables des cités à l'époque impériale, semble avoir joué un rôle majeur dans les relations entre la cité et le pouvoir impérial. En effet, durant la première de ses deux prêtrises des Augustes, au début de sa carrière, il a conduit une ambassade à Rome. Cette ambassade est attestée d'une part par un oracle portant sur l'organisation d'un voyage à Rome (5) et, d'autre part, par une monnaie célébrant son retour ou son départ (2). Elle porte sur l'argent nécessaire aux philotimia, c'est-à-dire, selon L. Robert, aux « libéralités des évergètes et magistrats, notamment des grands prêtres du culte impérial, en sorte que φιλοτιμία signifie munus ». La célébration de son voyage par un monnayage est exceptionnelle et permet de mesurer l'importance, pour la cité, du soutien financier de l'empereur pour l'organisation des fêtes et concours du culte impérial. Les oracles concernant Aelianus Poplas, liturge et évergète mais connaissant, de ce fait, des problèmes financiers, témoignent également des problèmes posés par le fait que les finances des cités reposent de plus en plus, au cours de l'époque impériale, sur l'évergétisme des notables. Malgré leur richesse, ceux-ci parviennent difficilement à assumer les dépenses attendues par les citoyens, notamment à l'occasion des sacerdoces du culte impérial (4). La carrière d'Aelianus Poplas s'étend entre la fin du règne de Commode, où a lieu l'ambassade qu'il conduit, et la fin des années 210 : les monnaies où il apparaît comme archiprytane datent de 217/8 (3). Elle est donc exceptionnelle également par sa durée. Ce personnage est lié à plusieurs grandes familles milésiennes, en particulier les Flavii Ulpiani, les Aelii Ulpiani et les Aelii Graniani, qui ont fourni de nombreux prophètes au sanctuaire de Didymes et de nombreux stéphanéphores à la cité de Milet. Son gentilice n'est pas connu, mais il était sans aucun doute citoyen romain.
Bibliographie : Robert, CRAI 1968 p. 568-599 , Günther 1985 p. 129-130 , Baldus 1985 , Nawotka 2000 p. 82 n°53.