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n°453

Ἀρτέμων


Transcription : Artemon



Présentation : Artemon est connu par des monnaies de l'époque de Claude où il apparaît, en fonction des types, comme grand-prêtre ou comme « nourricier » (tropheus). Il a probablement financé l'importation de denrées alimentaires dans une période critique pour la cité et reçu des remerciements publics et le titre de tropheusa. Faut-il pour autant dire avec Ramsay que les monnaies sont frappées comme un honneur particulier, aux frais de l'Etat (« they were probably struck by the city as a special and unusual honour at the expense of the state », p. 263) ? Aucune source ne l'indique. De la même façon, l'hypothèse de Ramsay, selon laquelle la famine en question est celle qui est mentionnée par dans les Actes XXIV.5 et par plusieurs auteursb ne repose sur aucun élément concret. Il peut tout à fait s'agir d'un problème local. Le même personnage apparaît sur une inscription en l'honneur d'Artemon fils d'Hérodoros. Dans ce texte, Artemon porte un titre différent : il est grand-prêtre des dieux de la cité. La pierre n'ayant pas été retrouvée, l'éditeur de l'inscription n'a pu consulter qu'une copie. Le titre est donc incertain. On peut cependant le rapprocher de celui porté par Pammenès à Magnésie du Méandre, ou par Potamon à Mytilène, les grands-prêtres semblant occuper une fonction prééminente dans la religion civique et non seulement dans le culte impérialc. Artemon a par ailleurs été gymnasiarque, prêtre d'Hygie et de Sophrosune. Ramsay interprète le culte de ces deux dernières divinités comme le signe d'une période d'épidémie ou de famine. Cependant, ces cultes peuvent aussi exister indépendamment d'un contexte de crise. La famille de ce prêtre n'est pas connue. Il est pérégrind.

Notes : a Les monnaies illustrent le thème de l'approvisionnement de la cité par la représentation de Déméter avec une corne d'abondance et d'Athéna avec une amphore. Artemon a dû fournir du blé et peut-être de l'huile à la cité. Sur le titre de tropheus, voir Robert , Heller 2009 p. 366-367. b Suétone, Claud. 18 , Dion Cassius 60, 11 , Tacite, Ann. 12, 43. c Sur ce point, voir ci-dessus p. 44.d W. Ramsay (p. 264), en fait un C. ou Ti. Iulius et le reconnaît sur une prière juive (MAMA 4, 90). Mais il serait étrange que ses tria nomina n'apparaissent pas sur l'inscription honorifique. Le rapprochement nous paraît donc très incertain.


Bibliographie : Ramsay 1941 p. 262-266 , Robert, Hellenica VII (1949) p. 74-81.